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Votre corps fait des bruits, écoutez-les !

Même quand ils paraissent anodins, ils peuvent être des signaux d'alarme à ne pas négliger.

Chère lectrice, cher lecteur, on entend souvent dire que nous devrions être davantage à l'écoute de notre corps. C'est tout à fait exact. Mais plutôt qu'au sens figuré - être attentif - mieux vaudrait d'abord écouter au sens propre les sons émis par notre organisme, ils ont beaucoup à nous dire sur sa santé.

Et même quand ils paraissent anodins, ils peuvent être des signaux d'alarme à ne pas négliger.

C'est pourquoi nous allons ici prêter une oreille attentive à dix bruits que notre corps produit, afin de comprendre quel genre de messages ils nous envoient et les bons réflexes à avoir quand ils se font entendre.

Plus exactement, nous allons examiner 9 bruits et... 1 silence ; ou, si vous préférez, un "non-bruit".

Comme il se doit, nous commençons par le poste de commandement, c'est-à-dire les bruits produits dans notre tête.

1- LES BOURDONNEMENTS D'OREILLES.

Si vos oreilles bourdonnent ou grésillent de façon permanente, vous souffrez sans doute d'acouphènes. Ils surviennent très fréquemment à la suite d'un traumatisme auditif et/ou d'une perte d'audition. Mais d'autres causes d'acouphènes ont été identifiées :

- La présence dans le conduit auditif externe d'un bouchon de cérumen, sécrétion normale du conduit auditif.

- L'otite moyenne.

- L'otospongiose, affection responsable de surdité, par blocage d'un os de l'oreille.

- Des affections touchant le nerf vestibulaire ou les zones du cerveau responsables de la perception des bruits.

- Des troubles de l'articulé de la mâchoire.

- L'arthrose cervicale.

- La maladie de Ménière, augmentation de la pression dans l'oreille interne.

Les acouphènes peuvent aussi être liés à des troubles vasculaires, suite à un anévrisme de l'artère carotide, ou encore à des problèmes musculaires locaux, et même à une simple hypertension artérielle.

Que faire ?

Dans tous les cas, il est indispensable de consulter un médecin ORL, au moins pour déterminer la cause réelle de vos acouphènes. Tout en sachant que, malheureusement, il n'existe pas encore de traitement vraiment efficace contre eux.

2- LES MÂCHOIRES QUI CRAQUENT.

C'est le signe d'un problème au niveau de l'articulation mandibulaire. Signe qui peut être associé à d'autres symptômes, tels que des douleurs à l'articulation des mâchoires, des difficultés à ouvrir grand la bouche, des névralgies faciales, ainsi que des maux de tête.

Ces craquements peuvent avoir plusieurs causes. Tout d'abord, il peut arriver que la mâchoire soit mal placée : trop en avant, trop en arrière, décalée latéralement... Auquel cas, seule la chirurgie peut y remédier, en la remettant en place.

Autre cause possible : les problèmes dentaires. Il arrive que la mâchoire bouge lorsque des dents ont été arrachées et non remplacées. Auquel cas, c'est au chirurgien-dentiste d'intervenir, en remplaçant par des prothèses les dents manquantes. Une opération simple... mais hélas assez onéreuse, tant les prothèses dentaires sont mal remboursées par la plupart des mutuelles.

Cela dit, les causes ne sont pas toujours mécaniques. Dans certains cas, les troubles articulaires sont la conséquence d'un stress important. On retrouve souvent ces troubles chez des gens d'un tempérament anxieux.

Que faire ?

Il faut, dans tous les cas, consulter sans tarder votre dentiste ou un stomatologue.

Lorsque les mâchoires sont contractées à l'extrême au point d'en affecter la santé de l'articulation, des séances de kinésithérapie peuvent être indiquées. Elles vont stabiliser les choses tout en soulageant le patient. Si la kiné ne suffit pas, on peut alors avoir recours à des injections de toxine botulique, en complément.

3- LES DENTS QUI GRINCENT.

Le nom officiel de ce phénomène est le bruxisme, et il se produit surtout la nuit, durant le sommeil. S'il ne vous arrive que de loin en loin de grincer des dents, pas de problème. Mais si le bruxisme devient régulier, alors là, il vaut mieux agir.

Lorsque le bruxisme se produit pendant la journée, on est évidemment conscient de la pression qu'on exerce sur ses propres dents. La volonté suffit donc à détendre la mâchoire. Mais dans 80 % des cas, le bruxisme est nocturne, et cela pose davantage de problèmes. Rendez-vous compte que, au cours de la nuit, une personne atteinte de bruxisme peut frotter ses dents pendant 6 à 8 minutes d'affilée !

On distingue deux types de bruxisme : quand la pression est exercée sans frottement, il est dit centré ; mais si les pressions sont accompagnées de grincements, on parle alors de bruxisme excentré.

Deux causes peuvent expliquer le bruxisme :

- L'altération de la fermeture des mâchoires. Lorsqu'elles sont mal alignées ou que quelques-unes sont absentes, le contact entre les dents est instable. On a alors tendance à frotter et à serrer ses dents, pour user celles qui nous dérangent.

- Les angoisses et le stress, qui se manifestent la nuit par une pression exercée sur les dents. Bien entendu, comme le patient n'en a pas conscience, ces cas-là sont les plus difficiles à traiter.

Que faire ?

Premier réflexe : aller consulter. Tout soupçon de bruxisme doit être confirmé par une visite chez le dentiste, lequel mesurera l'usure dentaire. Hélas, il n'existe pour l'instant aucune solution permettant d'agir sur la cause du bruxisme. Les traitements proposés visent donc seulement à réduire les frottements pour en limiter les effets nuisibles. Soit en portant une gouttière nocturne sur mesure afin de protéger les dents en empêchant les mâchoires de se toucher, soit en utilisant la technique biofeedback, qui consiste à poser des capteurs qui font sonner un réveil lors des épisodes de bruxisme. Une troisième voie réside dans une prise en charge psychologique, afin de comprendre les causes du stress ou de l'anxiété du patient...

4- LES RONFLEMENTS INTEMPESTIFS.

Ah ! ces satanés bruits de trompette qui empêchent les partenaires de dormir ! Les compagnes devrions-nous écrire car les hommes sont beaucoup plus nombreux à être touchés par le phénomène du ronflement nocturne. Il est dû à un rétrécissement du passage au fond de la gorge. Durant le sommeil, le voile du palais, la luette et la langue se relâchent et prennent plus de place. Chez certaines personnes, ces différents organes sont trop volumineux, ils peuvent alors entraîner une obstruction des voies respiratoires.

Lors de l'inspiration, l'air fait vibrer ces tissus, provoquant le fameux ronflement.

Le plus souvent, le ronflement est bénin.

Mais dans certains cas, il peut être invalidant, s'il s'accompagne d'apnée du sommeil. Ce trouble respiratoire survient lorsque l'obstruction empêche l'air de pénétrer dans les poumons pendant au moins dix secondes, et parfois beaucoup plus, plusieurs fois par nuit. La première conséquence est une impossibilité à entrer dans un sommeil profond puisque, lorsque le dormeur commence à se relâcher, il étouffe et se réveille.

Ce problème, quand il dure, provoque fatigue, somnolence diurne, irritabilité, etc. A long terme, la mauvaise oxygénation va entraîner des troubles cardiaques, de l'hypertension artérielle et même des risques d'infarctus.

Que faire ?

Dans les cas les plus tenaces, il est nécessaire de consulter.

Sinon, s'il n'y a pas apnée du sommeil, on peut adopter quelques règles d'hygiène simples, afin de diminuer les ronflements, voire les supprimer tout à fait : pas d'alcool le soir, jamais de tabac, perdre du poids si on a des kilos en trop, installer dans sa chambre un humidificateur d'air.

Vous pouvez aussi avoir recours à ces remèdes naturels que sont le gingembre ou le fenugrec (tous deux en infusion), l'huile essentielle de menthe poivrée (à pulvériser sur votre oreiller) ou l'argile (en cataplasme).

5- LES POUMONS QUI SIFFLENT.

Ce sifflement, à l'inspiration ou à l'expiration, est le signe d'un rétrécissement des voies respiratoires. Si le sifflement vient bien du thorax et non du nez, soyez attentif. En effet, cela peut être le signe d'un asthme ou d'une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). La BPCO englobe les diagnostics d'emphysème et de bronchite chronique obstructive.

- La bronchite chronique est caractérisée par la présence de toux productive pendant deux ans consécutifs. Lorsque la bronchite chronique implique une obstruction du débit aérien, on la qualifie de bronchite chronique obstructive.

- L'emphysème est défini comme la destruction étendue et irréversible des parois alvéolaires, c'est-à-dire les cellules qui supportent les sacs d'air, dits alvéoles, constituant les poumons, ainsi que la dilatation d'un grand nombre de ces alvéoles.

Que faire ? Dans tous les cas, seul le médecin sera à même de poser un diagnostic sûr. Notamment en vous demandant si le phénomène est fluctuant ou permanent, et s'il est apparu soudainement ou de façon progressive.

6- LE HOQUET IRRÉPRESSIBLE.

Il s'agit de contractions réflexes du diaphragme, qui entraînent celles des muscles situés entre les côtes, accompagnées d'un blocage de la glotte. Le hoquet surgit généralement quand on a mangé trop vite, après un fou-rire ou pendant la grossesse. Le tabagisme ou la consommation d'alcool le favorisent.

Que faire ?

- Les remèdes populaires contre le hoquet sont nombreux - mettre la tête à l'envers, arrêter de respirer, boire un grand verre d'eau d'un seul trait, se pincer le petit doigt, etc. - et généralement peu efficaces !

- Il en est un, pourtant, qui marche presque toujours : avaler une cuillerée à café de vinaigre, dans laquelle on a imbibé un demi-morceau de sucre. Pas terrible au goût, mais radical !

- Sinon, le Dr Frédéric Saldmann, auteur de "Prenez votre santé en mains" (éd. Albin Michel), conseille, lui, la manœuvre de Van Wijlick. Elle consiste à bomber la poitrine et rapprocher les omoplates en reculant les épaules le plus en arrière possible, tout en retenant sa respiration pendant une dizaine de secondes.

- Enfin, si le hoquet dure plus de 48 heures, il est indispensable de consulter.

7- LES ROTS INTEMPESTIFS.

Ils sont le signe que l'on a avalé de l'air au cours du repas, soit en mangeant trop vite, soit en prenant de trop grosses bouchées. Et cet air s'est accumulé dans l'œsophage ou dans l'estomac.

Que faire ?

- Pour en finir avec ces "blurp" toujours gênants, efforcez-vous de manger lentement, en mâchant bien.

- Ne buvez pas pendant le repas, évitez tout ce qui favorise le symptôme : boissons gazeuses et chewing-gums en particulier.

- Pour vous soulager temporairement, mélangez 5 gouttes d'huile essentielle de basilic exotique, 10 gouttes d'essence de citron, 10 gouttes de menthe poivrée. Avalez une goutte du mélange dans un verre d'eau, après chaque repas, pendant 3 à 5 jours.

8- GUERRE AUX PETS !

C'est la hantise de bien des gens, ces gaz bruyants et souvent odorants, qui déboulent toujours au pire moment ! C'est pourtant un phénomène bien naturel. En effet, pour être détruits dans le gros intestin, les aliments doivent d'abord passer par l'étape de la fermentation...

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