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Christian Brun : “La naturopathie n'est pas une secte !”

Christian Brun nous apportera chaque mois son éclairage spécifique sur un sujet santé, sans oublier de vous livrer, au passage, ses précieux conseils.

Suite à l'appel de 124 professionnels de santé contre les médecines alternatives et la polémique qui fait rage depuis, il me semble important d'expliquer précisément en quoi consiste une des plus "célèbres" d'entre elles, la naturopathie. Je pratique cette discipline depuis plus de quarante-cinq ans.

Commençons par une définition simple : la naturopathie est une hygiène de vie calquée sur notre physiologie (étude des propriétés et fonctions de nos organes et tissus, ndlr). Objectif : rester en bonne santé grâce à des moyens naturels.

Cette science enseignée dans des écoles dédiées et pour certaines reconnues par la Fédération nationale** exige du discernement, mais aussi de la délicatesse, de la psychologie. Et disons-le, de l'amour.

Ça n'est donc pas une médecine au sens où on l'entend actuellement. Mais ça n'est pas non plus une secte composée de gourous charlatans.

J'aimerais rappeler ici les fondements de notre pratique, tels qu'édictés par Pierre-Valentin Marchesseau (1911-1994), père de la naturopathie contemporaine en France :

"La naturopathie est une hygiène de vie, conforme aux lois de la nature et à notre physiologie. Il existe une loi biologique universelle selon laquelle chaque type de vivant dispose d'un milieu qui lui est propre.

Chaque fois que nous transgressons les lois naturelles spécifiques à notre espèce et que nous modifions notre milieu référent, il s'ensuit des troubles, voire des maladies.

Ainsi, nombre de nos aliments, ultra-transformés donc dénaturés, produisent des déchets toxiques dans notre organisme. Des mucoses et cristaux qui finissent par saturer nos "humeurs" (sang, lymphe, sérums) et surchargent dangereusement nos émonctoires (peau, reins, poumons, intestins-foie-vésicule biliaire qui sont nos "éliminateurs biologiques").

Quand le seuil personnel de tolérance est dépassé, il s'ensuit une tempête plus ou moins importante, provoquée par la force vitale disponible, dans le but d'activer une élimination salutaire des déchets et d'épurer ainsi nos "humeurs", dans lesquelles baignent et se nourrissent nos cellules.

En fonction de la puissance de notre force vitale, nous développons alors soit des maladies dites de surface - éruptives avec fièvre, sueur, crachats, diarrhées -, soit des maladies internes - chroniques ou dégénératives (cancer, leucémie...).

Il convient donc d'aider l'organisme à s'auto-épurer quand celui-ci est malade, ou à respecter les lois spécifiques à notre espèce : c'est "l'art" du naturopathe, l'aide des 10 agents naturels (aliments, air, exercices, eau, plantes, ... ) afin de favoriser le retour à des conditions favorables à un milieu spécifique et de permettre à la force vitale de se manifester librement dans le but d'une auto-guérison.

Dans ce sens, le naturopathe ne soigne pas, il aide, il développe la force vitale et c'est le corps lui-même qui se guérit, s'il est malade."

Le naturopathe a donc bien un rôle d'éducateur de santé (éducation, prévention, responsabilisation et prise en charge de chacun) plus que de "thérapeute".

Autrement dit, le praticien de santé naturopathe n'est ni médecin, ni guérisseur, ni charlatan... C'est un éducateur qui vous aidera et vous conseillera des règles élémentaires d'hygiène vitale, pour conserver, acquérir ou accroître votre force vitale, garante de votre santé. Il établit un bilan de vitalité et non un bilan de santé, réservé aux médecins diplômés d'Etat.

Le naturopathe ne remplace en aucun cas le médecin et ne pratique aucun diagnostic. Ce qui ne l'empêche pas, grâce à sa connaissance de la puissance de la force vitale auto-guérisseuse mais aussi en anatomie et physiologie de pouvoir prévenir et soulager certains maux et dysfonctionnements organiques.

Naturopathe depuis plus de quarante-cinq ans, également enseignant au Cenatho*, je constate, à chacune de mes rencontres, les merveilleux pouvoirs de notre corps en matière d'auto-guérison. En effet, comment imaginer que nous aurions été créés avec nos maladies, notre mal-être, avec des amygdales en trop et inutiles, ou encore avec un appendice vermiculaire qui ne servirait qu'à être retiré ?!

"Je constate tous les jours les merveilleux pouvoirs de notre corps en matière d'auto-guérison"

Pour moi, la maladie ("mal à dit") a une raison d'être dans l'histoire d'un individu. Histoire qu'il conviendra, au cours de l'anamnèse (récit des antécédents, ndlr) effectuée par le praticien, de détailler et de comprendre, afin d'expliquer au patient le pourquoi de sa pathologie ou de son mal-être. Bien entendu, pour parvenir à ses fins, chaque naturopathe doit connaître l'anatomie et la physiologie, et chercher, à la manière d'un "détective", à découvrir comment la pathologie est apparue et dans quel contexte.

Or comme nous le savons, ce contexte est immense : génétique, alimentaire, météo-climatologique, affective, psychologique, professionnel... Le praticien de santé-naturopathe se devra donc d'intervenir comme guide ou éveilleur de conscience plutôt qu'en "pourchasseur de maladie et de symptôme", comme accompagnateur de l'auto-guérison tout en demeurant conscient de ses limites.

Au cours de ma carrière, j'ai pu constater cliniquement et de mes yeux l'efficacité de la naturopathie sur les malades, comme cet homme de 65 ans avec des problèmes impératifs urinaires notamment nocturnes qui l'empêchaient d'avoir un sommeil récupérateur, ainsi que des problèmes sexuels.

Je lui ai conseillé une réforme d'hygiène de vie : corriger son alimentation en allégeant son repas du soir et en évitant les produits laitiers de vache ainsi que la consommation importante de vin, veiller à aller chaque jour à la selle et si besoin de pratiquer le soir avant le coucher une douche rectale de 100 à 150 g d'eau tiède libératrice des intestins, faire chaque semaine une mono diète d'une soirée ou d'une journée de compote de pommes sans sucre ni miel, pratiquer chaque jour un exercice physique comme la marche par exemple et prendre des compléments alimentaires spécifiques des soucis de prostate —comme par exemple, Prostate régulation-confort (lab Copmed) et Royal Pros (La Royale).

Avec ces quelques conseils simples, logiques et de bon sens, cet homme a vu sa vie changer, il a pu retrouver un sommeil récupérateur ainsi qu'une sexualité plus épanouie et éviter une médicalisation ainsi qu'une intervention thérapeutique qui aurait pu être mutilante, traumatisante et handicapante.

Voyons encore le cas de cette jeune femme qui est venue me voir avec le diagnostic posé par son médecin d'hypothyroïdie et qui lui a prescrit le fameux médicament à polémique : Lévothyrox®. Les symptômes qui l'ont amenée à consulter son médecin traitant étaient une grande fatigue, une prise de poids, une frilosité importante...

Précision capitale : elle était sous pilule depuis de nombreuses années, ce qui perturbait son foie.

Après l'avoir questionnée sur ses différents systèmes organiques (rénal, intestinal, hépatique, cutané...), j'ai cherché à connaître les causes et les origines du dérèglement de sa thyroïde. Quelles étaient les analyses sanguines réalisées pour confirmer son état avant de conseiller très et trop rapidement la médication habituelle. Était-on sûr que sa thyroïde était défaillante voir détruite ? Avait-on testé les auto-anticorps ? Avait-on testé la TSH, la T3 et la T4 ?

Et la iodémie et la iodurie, la protidémie et la protidurie et le soufre... ?

Après réalisation de ces modestes analyses prescrites par son médecin conciliant, il s'est avéré que cette jeune fille ne consommait pas de poissons, ni d'autres produits de la mer et était donc carencée en iode (iodémie très basse). Il a suffi de lui conseiller de manger des produits iodés (algues, crustacés, poissons de mer...), de mettre un peu de sel marin iodé dans ses aliments et, pendant quelques mois, et de prendre les compléments alimentaires adaptés (Par exemple : Thyrostim® et Desmodium synergisé, lab. Copmed) pour que son état de santé s'améliore.

Car c'est le foie qui dégrade les hormones après leur action. On comprend donc que si le foie est défaillant, engorgé, inefficace, les hormones secrétées ne seront pas ou trop dégradées et on pourra voir des dysfonctionnements hormonaux sans relation directe avec les glandes endocrines.

Et ce ne sont que des exemples !

Alors, de grâce, qu'on arrête de diaboliser la naturopathie et ses bienfaits indiscutables, nous nous en porterons tous mieux !

* Collège européen de naturopathie traditionnelle holistique, cenatho.fr

** lafena.fr/

Notre chroniqueur Christian Brun, un naturopathe reconnu et engagé

Né en 1951, Christian Brun manifeste, dès son plus jeune âge, un vif intérêt pour les sciences naturelles et médicales, qui le conduit, à 18 ans, à entamer des études de naturopathie et d'hygiène vitale. Après avoir exercé à Angers, il s'installe à Paris et complète sa formation par des spécialisations en aromathérapie, iridologie et massages. Il collabore en outre cinq ans avec Pierre-Valentin Marchesseau, grande figure de la naturopathie, et commence à donner des cours et conférences en France et à l'étranger. Fort de ces expériences et soucieux de voir grandir le nombre de naturopathes compétents en France, il crée le Centre européen d'études et de recherches naturopathiques, à Paris. Auteur de nombreux ouvrages, dont Le grand livre de la naturopathie (Ed. Eyrolles), il est aujourd'hui naturopathe consultant à Versailles, et continue d'enseigner la discipline dans différents organismes de formation en France et à l'étranger. Spécialiste reconnu en naturopathie, anatomie physiologie, biothérapies, diététique-nutrition, endocrinologie, ménopause, andropause, maladies respiratoires hivernales, troubles throïdiens, hypertension, etc... Christian Brun nous apportera chaque mois son éclairage spécifique sur un sujet santé, sans oublier de vous livrer, au passage, ses précieux conseils.

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    5 commentaires
    Sans Pseudo, vous apparaitrez en Anonyme
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    wo  Le 12/05 à 05:26

    Pour n'importe quelle personne en hypothyroidie, 99,9% des médecins chercheront la présence d'anticorps ! J'espère que votre patiente n'avait pas Hashimoto auquel cas l'iode peut aggraver la maladie (mais le savez-vous ?). Vous diabolisez le Levothyrox qui n'est pas un médicament, mais des hormones thyroidiennes. Certes on peut parfois relancer la production d'hormones (mais pas pour les maladies auto-immunes), hélas bien souvent la naturopathie a une position de principe contre la substitution aux hormones qui s'avère dangereuse et plonge les patients dans la maladie.

    Anonyme87  Le 14/01 à 12:56

    Merci Christian Brun pour tout ces précieux conseils .Je vous ai rencontré la 1ère fois lorsque vous étiez venu avec le fondateur de la Naturopathie Pierre Valentin Marchesseau à la foire exposition à Metz et sur le cours que vous avez donné sur le foie ,j’ai gardé tout mes cours .Je suis venu également vous voir dans votre cabinet à Versailles lorsque j’étudiais à l’ISIPCA , vous m’aviez fait une séance de sympathicothérapie, j’étais transformé. Dommage que vous n’excercez plus .

    Hasko  Le 24/05 à 01:55

    Faites votre livre de naturopathie de A à Z en format Kindle svp, la zone dans laquelle je vis la livraison est impossible pour le format broché

    Emma91  Le 21/12 à 10:27

    Quel traitement contre le lichen scléreux

    Anonyme  Le 07/02 à 22:58

    Je veux mes rensegne svp