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Julie Saint-Clair : “Contre l'endométriose, j'ai pardonné à mon corps de me faire souffrir”

“Les aliments qui ne nous conviennent pas, fatiguent le corps inutilement. Il m'a donc fallu les identifier pour les bannir de mon assiette.“

À 16 ans, l'étudiante apprend qu'elle est atteinte de cette maladie gynécologique chronique. Pour mettre fin à ses douleurs, Julie a travaillé sur la dimension psychosomatique. Et propose des solutions concrètes dans son ouvrage "Comment guérir de l'endométriose". Récit.

"Le diagnostic a été posé il y a trois ans : comme 10 % des Françaises, je souffre d'endométriose, une maladie chronique qui entraîne des douleurs aiguës, généralement au moment des règles. Dans mon cas, la souffrance était permanente, j'avais mal, le jour et parfois même la nuit. Les responsables ? Des cellules endométriosiques constituant la paroi du vagin qui migrent vers les trompes, voire les intestins. Résultat : des douleurs ventrales associées à une fatigue parfois proche de l'épuisement. La seule solution proposée par la médecine était de provoquer une ménopause chimique avec un traitement hormonal, voire une chirurgie. Avec, à terme, des difficultés à concevoir un enfant pour 40 % des femmes.

J'ai cherché d'autres voies de guérison après qu'une injection massive d'hormones m'a clouée au lit durant deux mois. D'abord, des séances d'hypnothérapie m'ont permis de mettre au point un programme de méditation. Lorsque le corps souffre, il bombarde le cerveau de signaux d'alerte et d'appels à l'aide. Il faut donc calmer le mental. C'est ce à quoi je m'emploie aujourd'hui encore. Dès le réveil, la douleur me plie en deux sans me laisser le temps de réagir. Je la laisse s'installer dans mon ventre pour la remettre ensuite à sa place. La méditation apaise mon esprit qui s'emballe. Puis, j'écris mes "pages du matin" (ou "morning pages"), un petit exercice qui consiste à écrire trois pages chaque matin. J'y parle de tout : mes envies, mes rêves, mes déceptions. Je laisse couler tout ce qui mérite d'être couché sur papier. Après je me sens plus légère, c'est important. Car le stress, en perturbant le sommeil et en accroissant la fatigue, est un facteur aggravant de cette maladie. Il est d'autant plus prégnant pour moi car je suis un cursus de préparation aux grandes écoles. Je pratique aussi la cohérence cardiaque, une technique de respiration qui invite à inspirer et expirer toutes les cinq secondes. Et puis, je fabrique des mandalas, je visionne des films drôles, et je masse la zone sensible.

Consciente de l'impact que peut avoir la nourriture sur la santé, j'ai également travaillé sur mes menus avec une naturopathe, un nutrithérapeute et un médecin ayurvédique.

"J'ai osé accueillir la douleur qu'entraînaient les cicatrices de ma vie"

Les aliments qui ne nous conviennent pas, fatiguent le corps inutilement. Il m'a donc fallu les identifier pour les bannir de mon assiette. J'ai ainsi pris conscience que j'étais sensible aux fodmaps, ces glucides fermentescibles présents dans certains aliments, qui entraînent des troubles gastro-intestinaux et des gaz en abondance. Ce qui m'a contrainte à me passer de nombreux fruits et légumes : les dattes, la pastèque, les mangues, les tomates, les prunes et les choux. J'ai également exclu les aliments contenant du gluten, même si je ne suis pas intolérante, afin de permettre à mes intestins de se restructurer. J'ai ensuite pu réintroduire modérément le gluten dans mon alimentation sous la forme de flocons d'avoine ou d'épeautre. Pour les protéines que je consomme midi et soir, je privilégie désormais le poisson maigre que j'associe à des légumes et un peu de féculents faciles à digérer. Parallèlement, il m'a fallu déterminer mes véritables intolérances alimentaires. J'ai constaté alors que tous les produits déjà fermentés heurtent mon organisme. Je fais donc l'impasse sur le pain, le fromage, la choucroute et les yaourts.

Les aliments sucrés, de leur côté, ne doivent plus figurer au programme de mon petit-déjeuner. Pour compenser, mon médecin ayurvédique m'a suggéré d'intégrer à mes menus du lait d'or, du riz basmati au lait de coco, des currys de légumes, des feuilles de cari comme épice, des grenades, du radis noir et des asperges, de l'aloé vera pour un meilleur confort digestif et des gélules d'huile d'onagre, un antispasmodique.

Enfin, même si l'endométriose revêt une forme physique, elle est aussi l'expression d'un mal-être psychique. La guérison passe d'abord par l'acceptation de la maladie et le pardon. Alors, j'ai pardonné à mon corps de me faire souffrir. Pour y parvenir, j'ai travaillé avec un gynécologue psychosomatique. J'ai mis à jour des épisodes de ma vie rejetés dans mon inconscient. Ces révélations m'ont mise à plat. Mais j'ai osé. J'ai osé rouvrir les cicatrices de ma vie. J'ai osé accueillir la douleur qu'elles entraînaient. Et je suis aujourd'hui sur la voie de la guérison."

A lire : "Comment guérir de l'endométriose", éd. Josette Lyon.

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